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 08 - Enfant perdu 

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 08 - Enfant perdu 
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Inscription : Sam 2 Mai 2009 21:16
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Bonjour à tous,


Cette fois, ce sont les jungles immenses des planètes sshaads que nous allons visiter, par des yeux étrangers...

EDIT 01/10/2008 : modifiée suite à première relecture.

Citer :
Les Sshaads sont des reptiloïdes ovipares bipèdes, portant deux bras, une tête et une queue. Leur forme de vie est marquée par la Renaissance. Un Sshaad avant sa quatrième mue, qui se produit vers 10 ou 11 ans, n'est qu'un animal, un prédateur impitoyable comparable à un loup, qui hante les nombreuses forêts des mondes colonisés par l'espèce. Lors de sa quatrième mue, il devient conscient, la Prime Langue s'éveille en lui et il rejoint une communauté.
(Encyclopédie Hoshikaze)



Si vous trouvez cet enregistrement, vous comprendrez peut-être ce qui m’est arrivé. Mes idées sont terriblement embrouillées, l’éducation que j’ai reçue est de plus en plus occultée par les impulsions féroces que je reçois. Je ne sais pas combien de temps je pourrai encore rester moi.

J’ai toujours plus de mal à rassembler mes souvenirs. Je sais que j’étais jeune, trop jeune pour un voyage de cette importance. Notre biovaisseau était aussi trop jeune et trop insouciant, et nous avons joué comme deux grands amis pendant tout le trajet, jusqu’à l’instant du grand choc. Je me sens écrasé contre la paroi, les lumières s’éteignent, j’entends les beuglements de douleur des Porteurs et les cris plus aigus des Manipulateurs… Puis plus rien.

Quand je me suis réveillé, j’étais dans l’eau. Mon Manipulateur nageait, ou plutôt barbotait péniblement dans l’eau vaseuse d’un lac. Il était sans doute gravement blessé, car je sentais l’odeur fade du sang. J’ai repris conscience en arrivant vers la berge, et j’ai tenté de reprendre les commandes du Manipulateur. J’étais moi-même commotionné par le choc, et mon pilotage était encore très incertain quand les prédateurs se sont jetés sur nous.

J’aurais dû laisser sa liberté de mouvement au Manipulateur. Il aurait peut-être réussi à fuir jusqu’à un arbre proche et à leur échapper. Mon expérience ne me préparait absolument pas à un assaut aussi brutal, et ma maladresse a sans doute causé sa perte. J’ai senti une douleur atroce, et j’ai commencé à rétracter mes terminaux avant que l’agonie ne devienne insupportable. Les prédateurs étaient en train de dévorer vivant mon Manipulateur. Sa souffrance n’a pas été longue, heureusement : quelques cris, quelques spasmes, puis plus rien. Les larges gueules aux crocs aiguisés, rouges de sang, s’activaient autour de moi. Elles ne me dévoraient pas encore. J’ai compris plus tard qu’aux yeux des prédateurs, je n’étais qu’une sorte d’excroissance végétale parasite, probablement non comestible.

Sur le moment, je me croyais en danger mortel, et ma seule chance de survie était de me donner un support. J’ai profité qu’ils se bousculaient autour de la proie et ne faisaient guère attention à moi, et je me suis glissé sur la nuque de l’un d’eux. Sa surprise a dû être aussi grande que la mienne. Je croyais trouver un animal non sentient, un fauve dominé par son seul instinct brutal. Lui a tourné sa mâchoire à droite et à gauche en se demandant…

Qui se permet de me piquer à la nuque ? Ecartez-vous, larves ! Vous n’entendez pas ma voix ? Je suis devenu un de Ceux qui Parlent ! Ecoutez la voix qui parle dans ma tête ! Elle me dit : Ne crains rien, laisse-moi faire, nous mourrons tous les deux si tu résistes ! J’ai la voix de Ceux-qui-Parlent, je suis devenu l’un d’eux, je sais parler la Première Langue ! Je peux faire mourir ceux qui me résistent ! Je sais frapper à distance et voler dans les airs ! Ecartez-vous, laissez-moi dévorer ma proie !

Je viens de réécouter cette partie de mon enregistrement, et ni cette voix, ni cette pensée ne sont les miennes. C’est mon symbiote qui a parlé à ma place, en intégrant mes pensées aux siennes. Je vous l’ai dit, je suis tout jeune, et mon éducation paisible ne m’a pas préparé à supporter la communion avec un esprit sentient, surtout un esprit aussi brutal et à la volonté aussi féroce. Je croyais utiliser son corps et sa mémoire, et c’est lui qui s’est servi de moi, de ma faculté de parole, pour terrifier ses compagnons. Eux se sont écartés en désordre, visiblement apeurés, et se sont blottis dans les roseaux en le laissant dévorer la carcasse du Manipulateur. Puis j’ai senti mon ventre plein, j’ai roté avec bruit, et j’ai traîné mon corps lourd et mon esprit assoupi vers les buissons.

Une fois encore, je me suis réveillé dans la boue tiède. Cette fois, j’ai senti des petites créatures qui me mordillaient la peau. Pas assez fort pour m’inquiéter : j’étais un prédateur, le plus fort de ma bande, et j’étais devenu un de Ceux-qui-Parlent. Les petits êtres n’étaient que des bébés aquatiques qui dévoraient mes peaux mortes pendant que je perdais mes écailles. J’aurais pu en croquer quelques-uns, mais je sentais qu’ils appartenaient à la même espèce que moi, et que leurs petites dents assainiraient ma peau à vif.

J’avais déjà connu la Mue. J’aurais besoin de dormir, beaucoup et longtemps, jusqu’à ce que mes nouvelles écailles se consolident. Puis je me lèverais avec un appétit féroce, et il faudrait que je trouve rapidement une nourriture, n’importe laquelle, pourvu qu’elle ne soit pas trop rapide. Et cette fois, je sentais cette voix dans ma tête. Je ne suis pas un ennemi, nous avons besoin de vivre ensemble, je t’aiderai si tu m’aides, je ne savais pas que tu étais un être sentient. Naturellement, je ne savais pas, avant ma dernière Mue, ce que pouvait être la sentience. Même maintenant, c’est encore une idée confuse, mais la petite voix aigue a l’air de mieux le savoir. Est-ce cette petite voix qu’on appelle la sentience ? Va-t-elle me guider vers mes nouveaux frères, Ceux-qui-Parlent ? M’enseignera-t-elle comment frapper à distance et comment voler dans les airs ? Oui, je sais comment on vole dans les nuages, et même beaucoup plus haut, je l’ai déjà fait, je t’aiderai à y parvenir, mais je dois d’abord savoir qui tu es et à quoi ressemble ton espèce. Décidément, cette sentience peut parler, mais elle a les idées bien confuses. Déjà, pendant mes Mues précédentes, je me sentais complètement brouillé. Mieux vaut dormir.

Pendant son sommeil, l’être a dû me sentir comme une espèce de rêve confus. Je voulais parcourir ses souvenirs pour mieux le connaître et savoir à quelle espèce j’avais affaire, mais rien n’est plus étranger pour moi que l’esprit d’un prédateur automoteur, non sentient jusqu’à notre rencontre, et dépourvu du vocabulaire et des concepts nécessaires. Je n’en ai retiré qu’une suite désordonnée de poursuites, de batailles, de proies dévorées à belles dents, de rivalités incompréhensibles avec d’autres créatures. J’avais au moins une idée de ceux de son espèce, et, à travers eux, de l’aspect de mon nouveau symbiote. Une créature vertébrée, aux os solides, aux muscles puissants, à la peau couverte d’écailles. Il savait reconnaître les membres de son espèce et chasser en collaboration avec eux. Il pouvait prendre leurs proies aux plus faibles, ou l’abandonner aux plus forts que lui, mais il rencontrait de moins en moins de ces derniers. Parmi les siens, il se considérait comme un des plus forts, et c’était peut-être une chance pour moi d’avoir investi son corps plutôt qu’un autre.

Quand mon symbiote s’est relevé d’un pas lourd, j’ai compris que son premier souci était de manger. Pour moi, la question ne se posait pas : quelques gouttes de son sang me suffisaient. Mais lui avait de gros besoins élémentaires, que je ressentais dans toute leur violence. Il a d’abord cherché la carcasse du Manipulateur : il n’en restait plus rien, à peine quelques fragments d’os et de peau. Les autres prédateurs avaient nettoyé tout le reste avant de partir de leur côté.

Que faire ? Une vague mémoire me dit que je dois chercher mes nouveaux frères, Ceux-qui-Parlent. C’est le réflexe normal après chaque Mue : trouver un groupe pareil à moi. Ceux-qui-Parlent sauront ce que je dois faire pour me nourrir. La sentience qui parle dans ma tête le sait certainement. Je n’ai qu’à me laisser guider. Elle me fera voler dans les airs jusqu’à ce que je les rejoigne. Que font-ils pour voler, déjà ? Des gros objets qui ressemblent à des troncs creux, mais lisses comme des coquillages. Voilà ce qu’il me faut. N’est-ce pas près d’un objet de ce genre que j’ai trouvé ma dernière proie ? Sans doute, ces objets servent à véhiculer les sentiences. Je me félicite de la justesse de mon raisonnement. Je n’en aurais sûrement pas été capable il y a peu de jours.

Dans les souvenirs imprécis de l’être, je vois la chute de notre biovaisseau. Une chose qui est tombée dans le lac avec un fracas de tonnerre, en fracassant les arbres. La pensée de mon ami le biovaisseau me remplit de chagrin… Mais peut-être y a-t-il d’autres survivants près du lac ? J’apprends à guider les pas de mon symbiote. Il peut marcher sur quatre pattes, en terrain difficile, ou sur deux quand le chemin est dégagé. J’aime mieux sur deux, pour observer le terrain et éviter les surprises. La vue de mon symbiote fait fuir un petit groupe d’êtres qui lui ressemblent. Est-ce le groupe qui nous a abandonnés ? Non, ceux-là semblent plus jeunes et plus légers. A moins que mon souvenir ne les déforme : ils m’ont paru énormes et terrifiants la première fois, alors que mon symbiote, lui, les regarde avec mépris.

Près du lac, je vois déjà plusieurs groupes de prédateurs rassemblés. Chacun a raflé et tiré sur la rive une carcasse extraite du biovaisseau. Je suis malade à l’idée que ce sont les Porteurs et les Manipulateurs de mes compagnons qui servent de pitance à ces fauves. Mais la plupart étaient sans doute déjà morts par l’effet du choc, ou se sont noyés quand l’eau a envahi le vaisseau. Mon ami le biovaisseau, Fruitier-Vert, a dû rassembler ses dernières forces pour me rejeter vers la surface. Je reste un long moment à pleurer. Mon symbiote ne comprend rien à mes émotions, et je devine qu’il s’impatiente. Je me décide enfin à le guider jusqu’au lac. Une troupe de légers prédateurs s’enfuit devant nous, en nous laissant le cadavre à demi dévoré d’un gros Porteur. Je distingue, gisant au milieu des herbes, le corps de… Comment s’appelait-il, déjà ? Un membre de l’équipage, un manutentionnaire de cargaisons que je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de fréquenter. Au moins, il n’a pas fini dans la gueule des prédateurs. J’arrive à commander à mon symbiote. Je l’oblige à se baisser, à prendre entre ses pattes le petit corps qui fut sentient, et à le lancer le plus haut possible dans les branches d’un arbre. Je ne suis pas en mesure de lui faire des funérailles plus décentes. La chair de son Porteur, malgré les mouches qui commencent à l’envahir, procure une nourriture abondante à mon symbiote. De quoi faire face à la longue marche qui s’annonce.

Le soir tombe, et il commence à pleuvoir. Mais en fouillant la mémoire de mon symbiote, j’ai trouvé quelque chose qui ressemble à une agglomération sentiente. Il y était entré une fois par hasard, par une nuit de pluie comme celle-ci. Il avait fouillé un tas d’ordures à la recherche de nourriture, et une vive douleur l’avait secoué. Je ne savais pas que Ceux-qui-Parlent frappaient à distance. Je l’ai compris ensuite, dès que j’ai pu rejoindre un groupe de jeunes de mon âge. Eux savaient déjà qu’il fallait craindre Ceux-qui-Parlent et les éviter autant que possible. Un de leurs nids doit se trouver au bord de la rivière. Un… quel est le mot, déjà ? Un daneb. La sentience dans ma tête sait forcément ce qu’est un daneb et comment le trouver. Je lui laisse encore une fois l’initiative.

Je comprends de moins en moins ce que mon symbiote a pu enregistrer pendant mes périodes d’inconscience. Est-il assez intelligent pour comprendre le principe de mon implant enregistreur ? Est-ce sa volonté qui se surimpose à la mienne et qui m’oblige à enregistrer pour lui ? Chaque fois que je réécoute, j’entends le même mélange incompréhensible de ma langue et de la sienne, et je dois fouiller profondément dans ses souvenirs pour trouver le sens de certains mots. Il veut que je trouve un daneb ? Qu’est-ce que c’est qu’un daneb ? Un village ou une ville, comme cet endroit qu’il a visité à un stade plus jeune et où… Attention ! Je dois éviter toute pensée qui éveillerait sa douleur, sa faim, sa colère, bref, toute émotion qui exciterait son instinct et balaierait ma minuscule volonté. Le daneb est au bord de la rivière ? Suivons la rivière. En fait, même à quatre pattes, j’ai de plus en plus de mal à progresser dans la végétation trop épaisse. La pluie et la nuit réduisent ma visibilité à peu de chose. Mon cuir encore sensible, aux écailles molles, supporte mal les lacérations d’épines. Mon cuir écailleux ? Non : mon mince tégument d’être sentient. Je dois veiller à ne pas confondre mes sensations avec celles de mon symbiote. Pourtant, c’est vrai que je dois le conserver en bonne santé si je veux survivre. Je l’oriente vers la berge, et, prudemment, je m’enfonce dans l’eau. J’ai un moment de panique, en songeant à mon dernier bain forcé en compagnie de mon infortuné Manipulateur. Il y a combien de temps, déjà ? Une journée, peut-être deux, si j’ai dormi assez longtemps. J’ai l’impression qu’il s’est passé un siècle… Mon symbiote nage avec aisance, il agite doucement ses pattes et sa queue. Il suffit de descendre le courant, en évitant les troncs flottants.

Nous arrivons au daneb à l’aube. Le ciel s’est dégagé, et il y a déjà du monde dehors. J’aperçois une espèce de labyrinthe, des hautes plantes entrelacées qui forment des sortes de murs végétaux. Ce n’est pas si différent de la conception des Domaines, mais je sens un caractère défensif beaucoup plus marqué : des barrages de pieux aigus empêchent la traversée ou l’escalade, sauf en de rares endroits. Je comprends que des êtres aussi violents redoutent même les attaques de leurs congénères. Ceux-qui-Parlent nous ont aperçus. Ils s’expriment entre eux avec de grands sifflements, ils forment des groupes de plus en plus nombreux sur les jetées et sur les maisons flottantes. Ce sont mes frères, je veux leur parler : Je suis…

Un long silence dans mon enregistrement. D’après le compte-temps, il s’est écoulé plusieurs mois depuis mon arrivée au daneb. J’ai été submergé par les émotions trop fortes de mon symbiote, toute une vie sociale qui le maintient à un haut degré d’éveil. Je n’ai repris l’initiative que pour de brefs instants, et j’ai passé presque tout ce temps dans l’inconscience. Je n’ai pas trop envie de fouiller dans les souvenirs d’Effyesshh, c’est le nom de mon symbiote. Mon corps porte plusieurs cicatrices qui n’y étaient pas quand je suis arrivé au daneb. J’étais trop fier de ma force : j’ai vite compris que pas mal d’adultes étaient aussi forts que moi, avec une technique de combat nettement supérieure. Et même ceux qui étaient moins forts possédaient des bâtons électriques. Une fois de plus, j’ai dû réapprendre ma position dans le groupe, comment me soumettre aux supérieurs, et comment, à l’occasion, humilier les inférieurs. Ma sentience m’a été utile : je suis considéré comme très habile de mes mains, et même un vrai prodige pour un nouvel adulte à peine sorti de la jungle. On parle de moi comme d’un futur Maître. Mon apprentissage de la Prime Langue a été étonnamment rapide, et j’ai très vite dépassé le vocabulaire de base de ceux qui sortent de leur Renaissance. La sentience dans ma tête me pose aussi des problèmes : j’emploie des mots étranges que personne ne comprend, et quand je me bats en duel, je sens ma sentience qui s’agite et qui veut m’empêcher d’achever l’ennemi. Cela m’a valu toutes sortes de surnoms et de commentaires. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi je me pose toutes ces questions sur moi-même, ce n’est pas du tout une attitude normale. Le Maître naturaliste le plus expérimenté du daneb dit que c’est en rapport avec cette excroissance sur ma nuque. Je lui ai demandé ce qu’il voulait dire, il m’a répondu avec dédain que je saurai quand j’aurai fait… Comment a-t-il dit ? L’unité de ma personne. Une idée de Maître, bien trop compliquée pour moi. Peut-être que ma sentience…

Encore une fois, mon symbiote a repris le contrôle pour une longue période. C’est de la lâcheté, sans doute, mais j’aime mieux rester inconscient. Sinon, j’empêcherais mon symbiote de se battre et de tenir sa position dans le daneb. Comment ces êtres peuvent-ils supporter une existence aussi brutale ? Il faut que je m’échappe d’ici. Il n’y a pas d’animaux de taille convenable pour me servir de Porteur, sauf des bêtes de boucherie qui sont gardées dans des enclos. Ce matin, j’ai entendu parler d’engins volants étrangers qui se seraient posés dans le…

Horreur ! Les frères d’espèce de mon symbiote sont en guerre et se préparent au combat contre des ennemis venus du ciel ! Je ne sais rien sur eux, sauf qu’ils appartiennent à une autre espèce sentiente. Mon Maître m’a remis un fusil à rayon et m’a montré comment m’en servir. Il veut que j’aille avec les autres pour combattre et tuer ces gens venus du ciel. Un seul tir peut faire éclater la tête d’un ennemi, je l’ai vu faire sur un animal captif. Les autres guerriers sifflent et s’excitent, ils sont pressés de tuer. J’ai besoin de toutes mes forces pour étourdir mon symbiote et l’empêcher de partager l’enthousiasme général. Je ne tiendrai pas longtemps à ce rythme. A la première occasion, je m’échapperai et j’essaierai de rejoindre ces étrangers. Quels que soient les risques, ils ne peuvent pas être plus féroces que les gens du daneb. Ils me permettront peut-être de me libérer et de rejoindre les miens. Me pardonneront-ils toutes les horreurs que j’ai faites ?

………………………………………………………………………………

Nous avons franchi le fleuve à gué, sans pertes. Nos éclaireurs ont signalé une embuscade des Sshaads, probablement d’un daneb proche cartographié N 22-36/E 17-04. Nous les avons pris à revers et mis en fuite, avec trois blessés légers dans nos rangs. Les Sshaads ont abandonné cinq morts sur le terrain, dont un de type guerrier en lien symbiotique avec un Marionnettiste. Il est probable que dans ce daneb isolé, aucun Sshaad ne savait ce qu’était un Marionnettiste. J’ignore par quelle circonstance celui-là était arrivé ici. Il était greffé d’un implant bionique, de type enregistreur. Comme l’implant pouvait porter la voix d’un ou plusieurs morts, je l’ai fait remettre à notre Déclareur d’éclipse, pour qu’il le transmette à sa famille s’il est possible de l’identifier. D’après sa position, entre les lignes des deux camps, le Marionnettiste a été tué par des tirs croisés alors qu’il se dirigeait vers nous Je suppose qu’il voulait se rendre ou parlementer, mais il ne portait aucun emblème visible de reddition. Je regrette profondément cette mort, et j’en assume entièrement la responsabilité.

(Extrait du rapport de la capitaine Namen’hi ud Arythem id Ayak id Moh’himi, en mission de combat contre la colonie Sshaad Persée-6-L-2)



Mer 18 Août 2010 15:28
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Inscription : Lun 17 Mai 2004 11:13
Message(s) : 3131
Localisation : Près de Paris
Bonjour à tous,


Et voilà cette nouvelle modifiée suite à se première relecture...

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Benoît 'Mutos' ROBIN

"Si ce message n'est pas édité au moins 3 fois, attendez un peu, il n'est pas fini !"


Ven 1 Oct 2010 20:28
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Traduit en français par Maël Soucaze.