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 05 - Mauvais contact 

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 05 - Mauvais contact 
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Bonjour à tous,


Une nouvelle parlant d'une des premières expéditions rith en direction des étoiles lointaines...

EDIT 01/10/2010 : modifié après première relecture.

Citer :
Nous sommes dans l’espace depuis douze grandes lunes déjà, et l’excitation du départ ne nous quitte pas. Il est vrai que nous passons la plus grande partie du temps dans les caissons de stase. Nous veillons par roulement, deux mois sur sept pour les spécialistes indispensables, un mois sur sept pour les autres. A chaque fois, l’équipe de veille attend avec impatience le réveil des autres. Ce sont comme des retrouvailles avec nos lointains frères et sœurs laissés sur Irilia. Nous atteindrons notre étoile de destination dans 77 grandes lunes, si tout va bien, et nous n’aurons que peu vieilli. Mon attente a une saveur très particulière, car j’attends le réveil de Tyerthel. Je ne la connaissais pas avant de monter dans ce vaisseau, et le calendrier des veilles est ainsi fait qu’il ne nous laisse, à chaque fois, qu’une petite lune à passer ensemble. C’est très court pour tout ce que nous avons à dire et à faire ensemble, et il y a très peu d’endroits pour s’isoler, dans ces longues galeries au toit en conque où les consoles, les sièges et les caissons de sommeil prennent presque toute la place. Tyerthel compare nos rencontres, en riant, aux rendez-vous secrets de Raltir et Ermel, quand ils étaient les champions adverses de deux clans rivaux. Ils se rencontraient au creux des dunes, à l’insu de leurs deux armées. Nous, nous nous rencontrons dans les galeries encombrées d’un vaisseau de métal sorti des ateliers d’Irmothem. Peu importe. Quand je vois ses grands yeux qui s’ouvrent, ses douces oreilles qui frémissent à l’écoute des premiers sons, je suis le plus heureux des Rithai.

………………………….

Plus loin, toujours plus loin. Ce cyclone imprévu m’a détourné de mon chemin. Cyclone gravitique, plus effroyable que tout ce que j’ai vu, en d’innombrables années-lumière. Je suis fatigué, presque à court d’énergie, trop faible pour percer l’espace comme je le voudrais. Longue recherche d’un trou ancien qui me rapprocherait de mon espace natal. Recherche vaine, car mes symbiotes s’épuisent. Ils tombent, inertes, l’un après l’autre. Ils ne suffiront bientôt plus à me soutenir, même en voyage simple. Il faut que je trouve, même si cela m’éloigne provisoirement de mon chemin. Plus loin, toujours plus loin.

………………………….

Alerte générale ! Le sifflement suraigu des sirènes me tire de ma rêverie. Les autres jaillissent de leurs sièges, lâchent leurs jeux, leur musique ou leurs engins de sport, et se ruent sur les postes de contact. Que se passe-t-il ? La voix du capitaine gronde par-dessus le hurlement des sirènes. « Instruments de visée sur secteur 7-12 ». Un septième à droite et un peu moins de deux septièmes au-dessus de notre trajectoire. « Préparatifs de réveil des spécialistes, équipes 2 et 3 ». L’équipe S-2, c’est celle de Tyerthel. J’avais hâte de la voir, mais pas dans des circonstances aussi tendues… Au fait, que se passe-t-il ? Mon écran affiche une partie du spectre optique, il fournit une information qui complète celles des autres appareils. Mais quelle information, au juste ? Pas facile de repérer une image significative, au milieu d’une poussière de milliers d’étoiles visibles, dans un secteur galactique inconnu. En même temps, je ressens l’excitation de la chasse, celle de nos lointains ancêtres traquant une proie au milieu des hautes herbes. Je localise une étoile connue, puis deux, puis trois. Le logiciel à balayage va éliminer de l’écran, une à une, toutes les étoiles identifiées. Où se cache l’intrus ? Comète, astéroïde, nuage de particules ? Nous allons tellement vite qu’une rencontre avec un corps massif nous serait fatale, malgré nos boucliers. Il est vrai que le corps n’est pas sur notre trajet… Pas encore… Mais il peut la traverser plus loin.

………………………….

Je réagis avec un certain retard aux signaux d’alarme de mes symbiotes. Fatigue, grande fatigue. En d’autres temps, j’aurais été frais et dispos, réactif au premier objet insolite. Mais le cyclone et ma trop longue errance, loin de mon peuple, loin de toute recharge pour mes symbiotes, m’ont laissé dans un état amorphe, proche de l’inertie. Je dois agir : je n’aurai peut-être pas une seconde chance aussi favorable. Un objet en mouvement, peut-être une source d’énergie. Il est très rapide. Un éjectat de supernova ? Je n’en ai pas vu la trace dans ce secteur de l’espace, rien de plus récent que vingt millions d’années. Et cet objet pulse d’un rayonnement inhabituel. Serait-il possible que…

………………………….

Le voilà ! Quelle couleur étrange ! Un bon géologue arriverait à identifier cette combinaison, mais cela ne ressemble à aucun astéroïde courant. Peu d’aluminium, peu de fer, peu de magnésium… Une comète dioxyhydrique ? Non plus, je reconnaîtrais l’odeur de l’eau les yeux fermés, comme tout fils du désert. Cet objet contient de l’eau, en petite quantité, mais associée à tout autre chose… Et son angle par rapport à nous se modifie presque à l’œil nu ! Soit il est incroyablement rapide, soit il est très, très proche, bien plus que je ne l’aurais cru !

………………………….

De l’aluminium, du fer, du magnésium, et aussi du nickel et des métaux rares. Un astéroïde lourd, issu du noyau central d’une planète ? Il émet une forte radiation d’énergie, et pourtant je ne détecte pas de radioactivité. Quelle chose étrange ! Quand j’étais un petit enfant, à peine capable de me mouvoir dans les orbites proches, j’écoutais avec respect les histoires des anciens. Ils parlaient d’objets mobiles, non pas conscients, mais fabriqués par des êtres analogues à nos symbiotes. Je ne comprenais pas comment une pareille chose était possible. C’est pourtant bien ce qu’ils me disaient : une carapace métallique, un foyer d’énergie central… Il faut que je me rapproche de sa trajectoire. Peu importe la dépense d’énergie.

………………………….

Une main se pose sur mon bras. J’ai failli lancer quelque chose du genre « Fous-moi la paix, lézard boiteux, je regarde ! » Je m’aperçois juste à temps qu’il s’agit de Tyerthel. Sa douce odeur flatte mes narines… Mais elle ne perd pas son temps en rêveries, elle !
- Excuse-moi, Maksath, tu es sur l’écran qui m’est attribué. 
Je me lève avec regret. Enfin, il est temps que je laisse la place à une vraie chimiste. Elle identifiera mieux que moi ce corps extraordinaire… Autour de nous, j’entends les autres observateurs qui annoncent à mi-voix, dans leurs micros, les premières données d’analyse.
- Distance : sept minutes-lumière. 
- Longueur : moins de 100 mètres. 
- Pas de radioactivité notable. 
- Corps compact dans son noyau central. Peut-être translucide en bordure. Attente de nouvelles données. 
- Sa trajectoire a changé ! Par les Trois Lunes, son chemin a changé !

………………………….

J’ai analysé la structure de cet objet. Incroyable ! Incroyable ! Je suis en plein dans une légende des anciens ! Un objet fabriqué, peut-être actionné par des êtres sentients ! Il faut que je choisisse très vite. En suivant sa trajectoire à rebours, je peux atteindre sa planète de départ. Si je la prolonge vers l’avant, j’atteindrai sa planète de destination. Les anciens disent que ces objets sont fabriqués sur les planètes. Il doit y avoir beaucoup d’êtres vivants, beaucoup de lieux habitables pour des symbiotes. Est-il plus proche du départ ou de l’arrivée ? Je n’ai aucun moyen de le savoir. Quelles sont ses sources d’énergie ?

………………………….

- L’objet émet des ondes radio ! 
Imha’ad, le spécialiste radio, s’est tourné en criant. Le capitaine se rapproche de son poste et se penche, on peut même dire qu’il bascule sur lui. Imha’ad est vif et souple, mais pas très fort, et sous la pression, il a failli glisser de son siège. Il se dégage tant bien que mal.
- Capitaine, ce sont des ondes radio ! Vous voyez cette courbe ? Une longueur d’onde très basse, très étirée… Attendez… Une séquence ! Quelque chose qui se répète ! 
- Un pulsar ? 
- Non ! Une séquence complexe, répétée plusieurs fois… Là, un nouvel élément dans la séquence ! 
- Réveil des non-spécialistes médicaux. Spécialistes S-3, lancez l’étude de cette séquence radio. Lieutenant Rez’t, aux postes de combat. Vérifiez que les procédures fonctionnent. 
Postes de combat ? Que veut-il dire ? Nous sommes au milieu d’un espace inconnu, contre qui faudrait-il se défendre ? Tyerthel se tourne vers moi. Ses oreilles sont très écartées, signe d’angoisse.
- Maksath, je crois qu’il veut se battre ! 
Se battre ? Contre qui, pourquoi ?

………………………….

Cet objet est d’origine sentiente, sans aucun doute. Il doit abriter un réacteur à fusion. Incroyable ! Pourtant, il ne répond pas à mes signaux radio. Il ne connaît pas encore notre peuple. J’essaie en optique. Je vois maintenant vers où il se dirige. Mais il fait une énorme erreur de trajectoire, il va rater sa cible d’une heure-lumière si je ne le préviens pas. Ses symbiotes viseurs sont-ils malades ? Impossible d’obtenir une réponse. Oh !... Si ! Voici un symbiote transmetteur qui vient de mon segment arrière. Mes viseurs de ce côté sont moins fatigués que ceux de l’avant. Il faut absolument que je trouve une planète où mes petites choses puissent s’accoupler. Si je n’ai pas rapidement une nouvelle génération de symbiotes, je vais devenir sourd et aveugle. Que dit le transmetteur ? L’objet répond ! Un signal ! Un signal ! Je connais enfin les termes amicaux de cet être !

………………………….

- Le Clan Irilia demande à l’engin inconnu de s’identifier. Le Clan Irilia répète : demande à l’engin inconnu de s’identifier. 
Le capitaine pianote sur son clavier. Il dispose d’une série de messages tout prêts, en voix de synthèse. Dans les communications à longue distance, il faut multiplier les précautions pour éviter d’entendre ou de faire entendre la voix d’un mort ! Les messages envoyés par l’objet seront enregistrés en courbes, transcrits en symboles visuels, avant que nos spécialistes les examinent. Si l’objet émet en langue rith, nous le saurons très rapidement.
- L’objet change à nouveau sa trajectoire. Il s’éloigne de nous. 
Le gros Tobbod, le spécialiste pilotage s’exprime d’une voix très calme, comme s’il n’était pas vraiment concerné. Pourtant, il y aurait de quoi ! Imha’ad, crispé sur son lecteur, nous annonce d’une voix blanche :
- L’objet envoie quelque chose, mais ce n’est pas un indicatif rith. En fait, ça ne ressemble à rien de connu. 
Comment ça ? Nous étions préparés à faire face à n’importe quel adversaire, un clan ennemi, un pirate, mais un vaisseau non-rith ? Ca ne s’est jamais vu ! Le capitaine frémit de rage.
- C’est une ruse pour nous tromper. Ils veulent nous entraîner dans un piège ! 
- L’objet ralentit. 
C’est encore Tobbod, toujours aussi calme, qui signale le fait. Dans cet angle, nous ne pouvons pas voir directement les changements de vitesse de l’engin, mais ses distorseurs produisent un panache d’énergie identifiable.
- Le-e-claan iir-rriiliaa rééé-pèète. Le-e-claan iir-rriiliaa rééé-pèète: de-maande- à l’een-giin. Le-e-claan iIir-rriiliaa…
Qui parle ? Ce n’est pas la voix de synthèse. C’est Imha’ad ! Mais avec une voix traînante qui n’est pas naturelle. Le capitaine, furieux, le secoue par le bras.
- Spécialiste Imha’ad ? Vous devenez fou ? 
- Non, capitaine. C’est l’objet qui lance ce message. Il reproduit notre signal, sur la même fréquence, mais à peu près deux fois et demie plus lentement. Vous permettez que je lise la suite ?… Aa… Dee-maande… à l’engin inconnu de s’identifier ! 
- C’est absurde. Nous avons envoyé notre indicatif. 
- Peut-être qu’il ne le reconnaît pas. 
- Suivez-le. 

………………………….

Ils ont compris ! Ils me suivent ! Tant mieux ! Je n’aurais pas eu assez d’énergie pour d’autres changements de trajectoire. Maintenant, il faut que j’accélère et que je vise le point avec le maximum de précision. C’est un point étroit. L’objet fabriqué est plus gros que moi, aura-t-il la place de passer ? Et que trouverons-nous à l’autre bout ? Les tunnels d’hyperespace entre deux points sont imprévisibles. Nous n’avons pas le choix, je ne repère aucun autre point de saut dans ce secteur. Tant pis s’il m’éloigne encore de mon peuple. L’important, c’est de trouver une planète à vie organique. Pourvu qu’elle soit proche du point de saut !

………………………….

L’objet ne disparaît pas. Il grossit. Il augmente de diamètre, et il devient de plus en plus lumineux. Une explosion ? Non, il maintient parfaitement sa forme, il est cohérent, et, en même temps, sa matière se change en une sorte de brouillard lumineux. Tyerthel s’affole.
- Sa matière change. Ce n’est plus de l’eau et du carbone. C’est… un spectre que je n’ai jamais vu. Une nouvelle chaîne d’éléments. 
Encore quelques minutes, et nous nous enfonçons dans la lumière. Nous sommes à la fois derrière l’objet, devant lui, et au milieu de lui. Je ne sais pas comment exprimer cela. Ma tête tourne, j’ai le vertige, mon estomac se retourne… Et pourtant, je n’ai jamais rien vu d’aussi beau.

………………………….

Prodige des galaxies ! L’objet fabriqué m’a suivi ! Il y a bien une conscience à l’intérieur, peu importe sa forme ! Et en face de nous rayonne un soleil de classe F. Ces êtres derrière moi savent naviguer, malgré leur langage rudimentaire. Il ne me reste plus qu’à explorer ce système et à me mettre en orbite autour de la première planète viable. Nous y serons dans quelques semaines-lumière, le temps de décélérer. Plus la peine d’envoyer des signaux radio, cela ne ferait que les inquiéter. D’aussi petits êtres ont forcément un esprit sans nuances.

………………………….

L’engin conserve la distance. Le capitaine a renoncé à le poursuivre. Pour ce que nous savons, il est plus mobile que nous à grande vitesse. Nous ne ferions que fatiguer nos moteurs et rater le contact avec la planète… s’il y a une planète. Les astronomes sont stupéfaits : nous avons traversé en un instant tout un secteur de l’espace, et nous sommes à plusieurs années-lumière au-delà de notre étoile de destination. Cette nouvelle étoile, toute proche, est une de celles que nous ne pensions pas atteindre avant dans plusieurs générations. Les savants ne songent plus du tout à dormir. Ils n’arrêtent pas de brasser des données et de se jeter dans des discussions fiévreuses. Le capitaine doit user de son autorité pour les envoyer au lit de temps en temps. Nous aurons besoin d’être frais et dispos quand nous arriverons dans la sphère planétaire…

………………………….

La quatrième planète de ce système, d’après sa gravité et sa température, doit être la seule à avoir une vie de surface. Les anciens disaient de chercher des planètes de ce type. Le flux cosmique m’a bien porté jusqu’ici, je trouverai un milieu qui convient à mes petites choses. Si j’avais des symbiotes totalement intégrés, capables de procréer à l’intérieur de mon corps, je n’aurais pas tous ces tracas. Mon géniteur était vieux jeu, et j’en subis les conséquences. Enfin, comme on dit : il ne sert à rien de critiquer les géniteurs, le mal est fait. Pour l’instant, il vaut mieux s’éloigner de cet objet fabriqué. Les anciens disent que les êtres métallurgistes sont parfois irrationnels et même agressifs. Dans l’espace, je ne crains rien, mais il ne faudrait pas qu’ils dérangent la nuptialité de mes symbiotes. En fonçant vers le soleil, je devrais dérouter leur intelligence rudimentaire…

………………………….

Nous avons perdu de vue l’objet. Il fonce droit vers le soleil, et nos instruments ne sont plus assez précis pour le discerner. Le capitaine gronde et hérisse le poil.
- Un nouveau modèle de vaisseau. Probablement Irmothem. Je sais qu’ils ont fait des progrès en métallochimie, ces derniers temps. 
Tyerthel est réticente.
- Excusez-moi, capitaine, mais je connais assez la chimie Irmothem, et je ne vois aucun matériau qui ressemble à ça, même de loin. 
- Vous croyez qu’ils nous tiennent au courant de toutes leurs découvertes ? 
- Non, capitaine, leur recherche a pu prendre un tour inattendu… 
Imha’ad est aussi intrigué.
- Si ce sont des Irmothem, pourquoi ne répondent-ils pas à nos signaux ?
- Qu’est-ce que j’en sais ? Ils sont rusés comme des serpents. Spécialiste Imha’ad, au lieu de bavarder, regardez s’il n’y a pas des signaux en provenance de la quatrième planète. Il ne manquerait plus que nous soyons tombés sur une station ennemie ! 
Ennemie ? La paix est signée depuis longtemps. Le capitaine est un vieux soldat, il a encore le réflexe de voir l’ennemi partout. Dès que nous avons une pause, je demande à Tyerthel si elle peut faire un bilan. Les données et les hypothèses défilent tellement vite que je ne sais plus où nous en sommes.
- Alors, l’avis de la chimiste ? Qu’est-ce que c’est, ce machin ? 
- Une enveloppe carbone-silicium. Un matériau qui ressemble moins à une coque de vaisseau qu’à certaines carapaces d’invertébrés. 
Tyerthel sort la langue et ajoute en riant :
-  C’est peut-être un insecte ? Un insecte géant et sentient ? Qu’est-ce que tu en pense, Maksath ? 
Je ris, moi aussi. L’hypothèse est vraiment trop farfelue.
- Non, j’en ai vu pas mal, des insectes : ils peuvent avoir un semblant d’organisation sociale, mais rien qui s’approche de la sentience. 
D’ailleurs, nous avons autre chose à penser. Nous approchons de la quatrième planète…

………………………….

Bonne nouvelle : la quatrième planète de ce soleil est de type eau-oxygène. Abrite-t-elle des créatures sentientes ? Sert-elle déjà de lieu de reproduction à mon peuple ? Je ne capte rien qui ressemble à une vie organisée. Pas de signaux radio, pas d’éclairages artificiels, pas de constructions, peu de végétation chlorophyllienne. Un monde sec, aride, pauvre en vie. Quelle sorte de rapports y a-t-il entre ses habitants et l’objet fabriqué ? Pour le moment, il faut me rapprocher, me mettre en orbite et observer. Si la surface de la planète recèle des dangers, je le saurai rapidement, grâce à l’objet en métal et à ses symbiotes. Ils ont renoncé à me suivre, ils se sont mis en orbite entre les 20e degrés nord et sud. Est-ce la zone climatique qui leur convient ? Les anciens disent qu’il faut un climat différent à chaque symbiote. Mes réserves sont trop basses pour prendre des risques, je dois trouver l’endroit idéal.

………………………….

Le capitaine a lancé les consignes d’atterrissage ! Personne ne pense plus à dormir. Les équipes sortent de stase l’une après l’autre, tout le monde se bouscule et cherche son matériel introuvable. Dans des conditions normales, il y aurait déjà des querelles et même des duels. Mais nous sommes tellement heureux que personne n’y songe. Ceux qui se réveillent entendent parler de l’objet inconnu. La plupart ne s’en inquiètent pas : c’est une nouveauté parmi d’autres, voilà tout ! Quand c’est Tobbod qui le raconte de son ton placide, on croirait un incident tout à fait mineur. Même le fait que nous ayons dévié de plusieurs années-lumière n’a pas l’air de les troubler. Les lunes sont avec nous, l’essentiel est que rien ne nous empêchera d’accéder à ce monde ! L’astronome a lancé un message par haut-parleur :
- La quatrième planète a deux lunes ! Et ces deux lunes ont un cycle très proche de celui de nos lunes Raltir et Ermel ! 
Hurlements de joie. Tout le monde s’étreint et se lèche la figure. Où est Tyerthel ? C’est Bam’kah la Guérisseuse, que je tiens dans mes bras, intelligente mais laide comme un varan. Peu importe. C’est un grand jour pour tous les Irilia, pour tous les Rithai.
- Deux lunes ! Deux lunes ! Une planète bien lunée ! 
Le capitaine ordonne à tout le monde de regagner les caissons, sauf les spécialistes indispensables. En l’absence de guidage au sol, l’atterrissage risque d’être brutal. J’aperçois Tyerthel et je lui fais un signe de la main, juste avant qu’elle disparaisse dans son caisson. Quatrième planète, nous arrivons !

………………………….

Soulagement : j’ai trouvé un lieu qui convient à mes symbiotes. C’est une lagune saumâtre, à l’embouchure d’un petit fleuve. La vie végétale y est plus abondante qu’ailleurs, il y a des buissons, des paquets d’algues, des plages de sable fin, beaucoup de petits coquillages, tout ce qu’il faut pour mes douze – ou sont-elles treize ? – espèces de symbiotes. Je me laisse flotter mollement sur l’eau calme, je me recharge d’énergie en attendant le gros effort du départ. D’ici, je vois un couple de symbiotes nettoyeurs en pleine parade nuptiale : le mâle dispose devant la femelle un joli petit tas de coquilles colorées. Dans ma peau, je sens les décharges électriques de mes symbiotes radio, qui se pourchassent joyeusement dans la lagune en se lançant des signaux énergétiques. Les symbiotes à procréation planétaire sont une lourde contrainte, mais ils apportent de si grandes joies !

………………………….

Cette planète n’a pas dépassé le stade de la vie invertébrée. Le secteur est plat et caillouteux, avec de longues lignes de dunes qui s’étirent vers l’horizon, et des bribes de vie éparse au fond des ravins. Je passe mon temps à ramasser des vers et des insectoïdes, j’en ai compté 64 espèces, mais aucune plus longue que le doigt. Le capitaine va bientôt donner le feu vert pour réveiller nos animaux : varans, iguanes et gerboises. Les végétaux courants sont comestibles pour eux, il faudra seulement les habituer à éviter certaines racines toxiques. Je vois Tyerthel qui rentre d’une tournée géologique.
- Alors, Maksath ? Toujours pas d’insectes sentients ? 
- Pas plus que d’habitude. Et toi ? Des mines de sélénium ?
- De ce côté, il y a un massif montagneux qui promet des minerais intéressants. Pour commencer, des sources d’eau abondantes. Quatrième est plus humide qu’elle n’en a l’air. Par contre… 
- Un problème ? 
- J’en ai parlé avec Bam’kah et les autres biologistes. Le sol est trop acide, ici et dans le massif, pour nos cultures de plantes. Il faudra chercher un autre emplacement. 
- Déménager ? Déjà ?
- Non. Le grand vaisseau reste sur place, en orbite quasi-géostationnaire, comme maintenant. Bam’kah a proposé au capitaine de créer une station secondaire, une ferme agricole qui complèterait notre colonie principale. J’ai étudié les images que nous avons prises en orbite, il y aurait un terrain convenable à trois petites lunes d’ici. 
- Ce qui veut dire que… 
- Ne fais pas cette tête, Maksath. Bien sûr que je vais y aller. Trois petites lunes, trois tours de Lune Gauche, ce n’est pas si loin. Nous resterons en contact avec le vaisseau. Et puis…
- Quoi donc ?
- Nous aurons besoin d’un bon spécialiste en insectes. Pour éviter que ces petites bêtes dévorent nos plantations. Tu es intéressé ? 
- Est-ce que je suis intéressé ? A ton avis ? 

………………………….

Mes symbiotes ont terminé leur cycle procréateur. Encore quelques jours, et les symbiotes ramasseurs auront fini de collecter les œufs dispersés dans la lagune. J’ai aménagé un compartiment, dans mon segment central, pour conserver des nouveaux échantillons de vie planétaire. Il y aura peut-être des espèces intéressantes comme symbiotes, sait-on jamais ? Je me demande ce que devient l’objet métallique, et les petits symbiotes qui y vivent… J’ai capté plusieurs messages radio. Ils auraient environ trois émetteurs, l’un au nord, l’autre ouest-nord-ouest, le troisième en orbite proche, qui oscille sur une courte distance au-dessus du poste nord. Leur langage est plus complexe que je ne le croyais. Ce n’est plus « Le Clan Irilia demande… » Il y a des choses qui ressemblent à de vraies conversations. Ils envoient des signaux très rapides, j’imagine qu’ils ont une durée de vie beaucoup plus courte que la nôtre. Ils ne se sont pas montrés hostiles jusqu’ici. Avant de partir, il faut absolument que j’essaie de les contacter.

……………………………

Nous avons trouvé un sol favorable. Je fais un bon travail de jardinier, je passe mes journées à bêcher, arroser, creuser des rigoles, enlever les insectes. J’ai trouvé une assistante inattendue : une gerboise, qui nous a suivis je ne sais comment. Je dois veiller à ce qu’elle ne mange pas nos graines, mais, pour le moment, elle s’intéresse surtout aux vers. Elle en dévore plus que je ne peux en enlever. Ce matin, j’ai vu deux pistes de traces parallèles sur le sol humide. Peut-être un couple ?
- Salut, Maksath. Tes plantes poussent ? 
- Salut, Imha’ad. Tu vois, il y a des carrés qui commencent à pousser. D’autres ne rendent rien pour l’instant, mais les plantes ont un cycle long, ça ne sert à rien de les presser. 
- D’accord. Un peu tôt pour le festin de noces, alors ? Tu en es où, avec Tyerthel ? 
- Elle dit que… Enfin, c’est d’accord, dès que nos ressources seront suffisantes. 
- Ce n’est pas pour tout de suite, alors ? Bon, les femmes, c’est comme les plantes, inutile de les presser. 
- Des nouvelles du vaisseau ? 
Imha’ad a l’air soucieux.
- Pas très bonnes. Le capitaine voulait l’éloigner, le mettre sur une orbite plus lointaine. Nous ne savons toujours pas ce que voulait le vaisseau inconnu. En cas d’attaque, nous serions trop concentrés et trop faciles à détruire. Et puis, en faisant les contrôles, il s’est aperçu que le distorseur ne réagissait pas normalement. La machine a dû souffrir pendant les manœuvres, ou bien pendant notre traversée dans… enfin, cet espace lumineux. 
- Le capitaine doit être enragé. Tu sais comment il est chaque fois que le vaisseau a un pépin ? 
- Oh oui ! Je n’ai pas oublié comment il a arrangé le lieutenant Rez’t quand… Enfin, là, c’est plus sérieux. Nous avons traversé quelque chose qui est hors des lois physiques. Conclusion : pas de décollage en vue pour le moment. 
- Pourquoi décoller ? Nous sommes ici pour fonder une colonie, non ? 
Imha’ad rit.
- Tu raisonnes de plus en plus comme un jardinier. Tu as ton coin de terre, et ça te suffit. Nous n’avons aucun contact avec Irilia, tu vois le problème ? Le capitaine ne veut même pas envoyer un message radio à longue distance. D’abord, le signal mettrait plusieurs années à arriver, et d’ici là, peut-être que la guerre aurait de nouveau éclaté. Le capitaine ne veut pas signaler notre position à des ennemis éventuels, pas tant que nous sommes aussi vulnérables sur un ou deux emplacements. 
- Alors, que propose-t-il ? 
- Tous les spécialistes mécaspace travaillent sur le distorseur. Les autres s’occupent de créer des campements et d’acclimater le bétail. Quand les troupeaux seront viables, nous pourrons nous disperser sur toute la planète. Au moins sur tout le continent. Les Irmothem ou les Arythem ne vont pas immobiliser cinquante vaisseaux contre une petite colonie comme la nôtre. 
Je secoue la queue. En partant dans l’espace, j’espérais laisser derrière moi toutes ces vieilles histoires de guerres de clans. Et voilà qu’elles nous rattrapent.
- Imha’ad ? A ton avis, si l’objet inconnu est un vaisseau ennemi, pourquoi ne nous a-t-il pas attaqués ? 
- Est-ce que je sais ? Peut-être que c’est un vaisseau expérimental non armé ? Peut-être qu’il nous laisse le temps de planter nos jardins, de multiplier nos troupeaux, de repérer les gisements miniers, et il n’aura plus qu’à tout rafler ? 
Pas rassurant. La journée avait bien commencé, un jardin qui pousse, mes projets de mariage avec Tyerthel, et voilà comme un gros nuage de sable qui s’amasse à l’horizon… A propos de nuage de sable, ai-je assez d’écrans pour protéger mes plantes en cas de tempête ? Autant m’occuper de ça. Ce sera plus utile que de remâcher des idées noires et de me préparer contre des pirates de l’espace qui n’attaqueront peut-être jamais. Tiens ? J’ai entrevu une minuscule silhouette qui filait entre les pousses. Serait-ce ma gerboise ?

………………………….

Me voilà fin prêt pour le départ. Mes vieux symbiotes ont repris des forces, et la nouvelle génération, sortie de l’œuf, commence à savoir son métier. C’est étonnant comme une escale planétaire peut vous rajeunir. Je sens de nouveau les moindres nuances de son, d’odeur, de lumière, sur cette lagune que je vais bientôt quitter. Si je reviens ici, dans quelques siècles, la lagune sera-t-elle toujours aussi accueillante ? L’objet métallique et ses symbiotes ne vont-ils pas déranger l’écosystème ? Les anciens nous ont mis en garde contre toute perturbation de la vie planétaire. Je dois, avant de m’arracher à ce monde, vérifier quelle sorte de transformation ces créatures ont pu causer. Elles n’ont fait aucune tentative pour m’approcher, et, à part leurs messages radio, je n’ai aucun signe de leur présence. Mon décollage va faire un bruit effroyable, et, j’en ai peur, faire bouillir l’eau sur une large étendue. Au moins, je suis sûr d’éliminer tous les œufs de symbiotes qui auraient échappé aux ramasseurs. Aucune perturbation écologique à craindre.

………………………….

J’ai passé la nuit à l’affût, couché dans le sable. Enfin, juste avant l’aube, j’ai vu sur la ligne claire du ciel, au-dessus du premier talus, une, deux… trois, quatre et cinq ombres minuscules. Un des adultes est revenu en arrière pour pousser un des petits. Ils ont plongé dans la rigole d’irrigation, dans l’obscurité, et je ne les ai plus revus. La première portée de gerboises, nées à des années-lumière d’Irilia ! Un monde bien luné, fait pour y vivre ! Et si l’eau est rare, les ressources limitées, nous sommes des Rithai, habitués à survivre en plein désert ! Les gerboises s’adaptent à ce monde, nous en ferons autant ! Il faut absolument que je voie Tyerthel…
- Tu es déjà levé, Maksath ? 
- Euh… Qu’est-ce que tu fais là, Imha’ad ? 
- Je suis de veille à la station météo. J’ai quelque chose à signaler à Tyerthel. 
- Une tempête ? 
- Non, juste un nuage… Pas assez gros pour un orage. Mais il s’est élevé subitement de l’est-sud-est, alors que les conditions météo n’annonçaient rien de ce côté. Ce pourrait être un phénomène volcanique. 
Allons bon ! Imha’ad trouve toujours des prétextes pour aller trouver Tyerthel, et franchement, je n’aime pas ça. Surtout aujourd’hui ! Enfin, nous verrons à quoi elle s’intéresse le plus, son volcan ou mes gerboises !

………………………….

Ces créatures sont vraiment minuscules, encore plus que je ne le pensais. Malgré ce que disaient les anciens, j’ai toujours eu du mal à imaginer des créatures sentientes de moins de cinq mètres. Celles-là ont à peine la taille d’un gros symbiote. Deux mètres de long, trois au plus. C’est la toute première fois que je les vois en chair et en os, galopant dans tous les sens sur leurs multiples pattes. Ma présence semble les affoler, je les vois se disperser dans les dunes et brandir des objets de fonction mal définie. Des respirateurs, peut-être ? Pourtant, j’ai envoyé un message radio dans leur langue pour les prévenir de mes intentions pacifiques :
- Le clan Irilia demande. Salut, Imha’ad, les lunes t’éclairent toujours ? Message météo : température en hausse toute la journée, léger vent d’ouest en fin d’après-midi. Bam’kah m’a prescrit de la poudre de tyn’n, elle dit que bientôt, nous pourrons la produire nous-mêmes. Tu sais quoi ? Le lieutenant Rez’t, pendant l’exercice d’alerte… 


………………………….

Nous avons passé un bon moment à observer ce nuage. En fait, rien d’autre que de la vapeur d’eau et un peu de poussière carbonée. Tyerthel repose la lunette et conclut :
- Un genre de geyser, probablement. Sans doute trop loin pour envoyer une expédition là-bas. Imha’ad, tu demanderas au vaisseau s’ils ont vu ou senti quelque chose ? Je vais voir les enregistrements du sismographe, mais ça n’a pas l’air dangereux. 
Elle me fait signe de la suivre dans sa tente, et commence à examiner ses enregistrements.
- Une secousse mineure. Les appareils du vaisseau sont plus précis que les miens. En traçant les deux lignes, nous verrons où elles se recoupent, et nous saurons au moins l’emplacement exact. Maksath, tu as l’air tout excité, ce matin ? Tu as trouvé quelque chose, toi aussi ? 
- Les gerboises… Elles ont… 
- Les gerboises ? Qu’est-ce qu’elles ont fait ? 
Les mots ne suffisent pas à exprimer ce que je ressens. Je tremble de tous mes nerfs. Le corps de Tyerthel et le mien échangent des signaux accélérés, comme si cet accouplement de gerboises déclenchait chez nous un irrésistible appel, l’instinct élémentaire de la vie. Nous tombons enlacés, au milieu des appareils et des échantillons géologiques. Nous haletons en murmurant :
- Gerboise mâle… Gerboise femelle… 
Nous restons je ne sais combien de temps dans cet état, entre ciel et terre. Comme deux lunes se croisant dans le ciel. Peut-être que j’ai fini par m’endormir. Tyerthel me secoue pour me réveiller.
- Maksath ? Tu as entendu ?
- Hein ?... Quoi ? 
- Comme un coup de tonnerre. Pourtant, il n’y a pas d’orage. 
Nous nous dégageons l’un de l’autre. Je soupire. Pourquoi faut-il toujours que quelque chose vienne nous déranger ? Nous sortons de la tente et cherchons l’origine du bruit.

………………………….

« Le Clan Irilia demande à l’engin inconnu de s’identifier. Ici le capitaine du vaisseau : je vous demande de vous identifier. Vos messages n’ont aucun sens. Vous êtes trop proche de notre base au sol : si vous restez à proximité, votre attitude sera considérée comme hostile. Eloignez-vous, ou nous prendrons les mesures de sécurité nécessaires. Le Clan Irilia demande à l’engin inconnu : éloignez-vous, sinon nous vous prenons en chasse ! »
« Tyerthel demande où vous en êtes avec les minerais. T’ennuies pas trop là-haut, Tobbod ? Le Clan Irilia demande à l’engin inconnu. Trop tôt pour relâcher le bétail. Des exercices d’alerte foireux, j’en ai déjà vus, mais… Station 2 appelle le vaisseau : est-ce que vous avez vu un gros nuage vers le sud ? Le distorseur est toujours en réparation, ce n’est pas le moment de. Aucune manœuvre à envisager maintenant. Et les épices, Imha’ad ? Il en faudra pour le repas de noces. Eloignez-vous ou votre attitude sera considérée comme… »


………………………….

- Toujours pas de réponse ! 
Nous sommes tous rassemblés autour du poste radio. Imha’ad est bleu comme un spectre. Moi, j’arrive à peine à respirer. Tyerthel fait un effort énorme pour paraître calme, mais je vois ses mains trembler. Combien sommes-nous ? Moins de cent Rithai, très loin de leur planète natale, séparés par des millions de kilomètres de vide. Le vaisseau… Qu’est-ce qui peut produire un bruit audible à trois lunes de marche ? Quoi donc, sinon l’explosion d’un réacteur à fusion ? L’engin inconnu a-t-il attaqué ? Le capitaine a-t-il voulu manœuvrer avec un distorseur instable ? Comment comprendre ces messages absurdes envoyés par l’inconnu, cette imitation traînante de nos propres voix ? Sommes-nous encore parmi les vivants, ou est-ce l’écho déformé de nos propres paroles qui nous parvient sur le chemin qui s’efface ?
- Nous devons organiser une expédition. Il y a peut-être des survivants là-bas. 
Bam’kah la guérisseuse a raison. Nous devons être sûrs. Ce serait trop horrible d’organiser des cérémonies funéraires pour des gens qui sont peut-être encore vivants.
- Tu viens, Maksath ? 
- J’arrive, Tyerthel. Le temps de réunir le matériel. 

Je sors de la tente radio, et je regarde autour de moi, ces cent Rithai, mâles et femelles, qui représentons sur ce monde tout ce qui nous reste de notre espèce. Une pensée glaciale me traverse l’esprit.

Notre clan ne sait pas si nous sommes vivants. Notre clan ne saura jamais si nous sommes encore vivants. Notre clan peut nous déclarer morts. Alors, si ceux de notre espèce nous jugent morts, tout en respirant, nous serons réellement morts. Comme ceux qu’on appelle Adrim.



Mer 18 Août 2010 15:15
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Inscription : Dim 2 Août 2009 11:28
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Passionnant.
Rien à redire, si ce n'est un peu long... Mais on veut toujours en savoir plus donc pour un lecteur averti pas de difficulté, pour un néophyte par contre.

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"L'imagination est plus forte que la science"
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"un dé pour les dominer tous
un dé pour les unir
un dé pour les rassembler tous
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Sam 11 Sep 2010 18:27
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Inscription : Lun 17 Mai 2004 11:13
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Localisation : Près de Paris
Bonjour Boris,


Qu'est-ce qui te donne cette impression de longueur ? Le rythme de l'action ? Les descriptions ? Est-elle plus présente à certains endroits particuliers ?

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Benoît 'Mutos' ROBIN

"Si ce message n'est pas édité au moins 3 fois, attendez un peu, il n'est pas fini !"


Dim 12 Sep 2010 04:32
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Inscription : Dim 2 Août 2009 11:28
Message(s) : 946
Localisation : Spatien
Le rythme de l'action est trop lent quand les deux entité ne se comprennent pas. ça traine en longueur. Quelques ellipses ou narration plus rapide des protagoniste pourrait améliorer le tout.

Ou tout simplement des description ou donner de la profondeur à certains personnages (par exemple le chargé de communication) pour rassurer le lecteur.

Là ça fait ambiance de film sous-marin des 80' ^^

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Dim 12 Sep 2010 19:24
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Inscription : Mar 27 Juil 2010 22:32
Message(s) : 419
Un très bon texte à mon goût, très intéressante psychologie des navigateurs.
Je n'ai pas ressenti la lenteur mais c'est vrai que je pensais que ça allait finir plus tôt.
La fin seulement m'a déçue quelque peu, disons que c'est au lecteur d'imaginer ce qui se passe... une fin ouverte, pourquoi pas après tout, mais on a attendu longtemps jusqu'au bout du texte
en se disant : on va en savoir plus, lisons jusqu'au bout, et finalement, il n'y a pas vraiment de chute à mon sens.


Dim 19 Sep 2010 20:41
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Inscription : Sam 2 Mai 2009 21:16
Message(s) : 527
En fait, c'est la préquelle d'une nouvelle du précédent recueil, Le Secret des Leïnth. Mais c'est vrai que si on ne connaît pas la suite, la chute est assez obscure. Il faudra que j'y réfléchisse.


Lun 20 Sep 2010 19:38
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Inscription : Lun 17 Mai 2004 11:13
Message(s) : 3131
Localisation : Près de Paris
Bonjour à tous,


Voilà, mis en ligne la version remaniée. Effectivement, c'est plus clair et plus indépendant de la suite.

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Benoît 'Mutos' ROBIN

"Si ce message n'est pas édité au moins 3 fois, attendez un peu, il n'est pas fini !"


Ven 1 Oct 2010 19:54
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Traduit en français par Maël Soucaze.